©ASO/B.Bade

Degenkolb a retenu la leçon Paris-Roubaix

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Il fallait une démonstration de ce type pour prendre la mesure entre la première et la deuxième place de Paris-Roubaix. Lors de l’édition 2014, John Degenkolb avait dû se contenter de la 2ème place, en remportant le sprint des « piégés » par Terpstra. Cette année, il a retenu toutes les leçons de ce semi-échec pour prendre à son compte le final d’une course où l’attentisme lui aurait encore été fatal.

Avec un groupe de course encore imposant dans les 15 derniers kilomètres, le sprinteur allemand a décidé de réagir à l’attaque décisive de Greg Van Avermaet, accompagné d’Yves Lampaert. C’est finalement dans un sprint à 7 coureurs qu’il s’est imposé sur le vélodrome en faisant parler une pointe de vitesse toujours intacte après 253,5 km de course dont 52,7 km de secteurs pavés. Avec ce déboulé final victorieux, il devient le premier coureur depuis Sean Kelly (1986) à s’imposer dans la foulée de Milan – San Remo. Degenkolb est aussi le deuxième vainqueur allemand de la Reine des Classiques… 119 ans après Josef Fisher, qui avait ouvert le palmarès de l’épreuve en 1896.

9 coureurs dans l’échappée

Un premier mouvement est initié par 5 coureurs dans les premiers kilomètres, mais le rythme rapide du peloton interdit toute sortie. Ce n’est qu’après 34 kilomètres qu’un groupe imposant se constitue avec Gregory Rast (Trek), Adam Blythe (Orica), Alexis Gougeard (AG2R), Sean De Bie (Lotto-Soudal), Aleksejs Saramotins (IAM), Pierre-Luc Périchon (Bretagne), Tim Declercq (Topsport), Frederik Backaert (Wanty) et Ralf Matzka (Bora). L’échappée évolue sous contrôle, mais parvient tout de même à gagner du terrain et obtient même un avantage maximal de 9’40’’ au km 76.

Devolder sorti sur chute

En abordant le premier secteur pavé à Troisvilles (km 98,5), les hommes de tête bénéficient encore d’un avantage de 8’, mais le ton est durci à l’avant de la course par les équipes Sky et Etixx-Quick Step. La première chute conséquente se produit dès le deuxième secteur pavé, à Viesly, où l’équipe Trek perd son leader Stijn Devolder et voit également Gert Steegmans perdre le contact avec le peloton sur un incident mécanique. Les ennuis concernent également l’équipe FDJ, dont le véhicule accueille Matthieu Ladagnous, malade, au ravitaillement, tandis que Yoann Offredo se débat entre chute et crevaisons.

Chute de Thomas

L’échappée est à peine perturbée par les crevaisons de Périchon, Saramotins puis Declercq, et s’approche même de la Trouée d’Arenberg avec 5’50’’ d’avance sur le peloton. Dans ce secteur stratégique, le groupe de tête perd Sean De Bie sur crevaison. Parmi les favoris, il n’y a ni bénéficiaires ni perdants à la sortie, où Heinrich Haussler et Greg Van Avermaet donnent le rythme. Les débats sont ensuite reportés par les barrières d’un passage à niveau (km 162,5), qui se ferment au passage du peloton et obligent à une petite neutralisation pour le reconstituer. Un peu plus loin (km 164), sur une montée de trottoir et un virage mal négociés, Geraint Thomas tombe et se retrouve contraint à une course-poursuite couteuse en énergie.

Les Etixx orchestrent la sélection

L’équipe Etixx-Quick Step déclenche une première sélection dans le secteur de Tilloy (km181,5). Le groupe qui se détache met provisoirement à distance de nombreux favoris comme Kristoff et Wiggins. La recomposition du peloton, toujours sans Thomas, se fait à l’entrée dans les 60 derniers kilomètres, alors que l’écart est descendu à 2’30’’.

Démare écarté sur crevaison

Dans le secteur de Mons-en-Pévèle, le groupe de tête se réduit à 5 coureurs. Mais Rast, Gougeard, Saramotins, Declercq, et Backaert n’ont plus que 1’20’’ d’avance. C’est le moment que choisit l’équipe Etixx pour envoyer cette fois Stijn Vandenbergh en position d’intercalé. L’effort est fourni par la FDJ avec Offredo et Démare, peu récompensé puisqu’il perd ses espoirs sur crevaison. A 35 kilomètres du vélodrome, le champion de Belgique Jens Debusschere participe lui aussi à l’action, et inspire Bradley Wiggins, qui l’accompagne pour rejoindre VandenBergh. Les échappés sont rejoints à 22 km de l’arrivée, alors que Vanmarcke mène la chasse. C’est pourtant Jurgen Roelandts qui s’échappe temporairement, pour rejoindre les rangs à 15 km.

Degenkolb prend ses reponsabilités

Parmi les initiatives suivantes, celle de Greg Van Avermaet, à 12 km, s’avère décisive. Le Belge est collé à la roue par son coéquipier Yves Lampaert, mais semble en bonne voie pour distancer le groupe des poursuivants. Pourtant, John Degenkolb jaillit du peloton avec son coéquipier De Becker, et fond sur la tête de course à 3 kilomètres de la ligne. Un regroupement se fait dans le dernier kilomètre, et un sprint s’organise à sept coureurs sur le vélodrome, avec Degenkolb, Van Avermaet, Lampaert, Stybar, Keukeleire, Elmiger et Boom. Le finisseur allemand prend à nouveau ses responsabilités en attaquant de loin, et devance aisément ses premiers rivaux, Stybar et Van Avermaet, qui complètent le podium.

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Dernière mise à jour : le 14 avril 2015 à 19 h 12 min

Ronan Houssin

Créateur du site, rédacteur et photographe.

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