23 novembre 2020

Utrecht : les Hollandais roulants au pouvoir ?

Symboliquement importantes dans le déroulement de la course, ou peut-être décisives dans l’optique du classement général final, elles présentent les caractéristiques pour un spectacle sportif d’exception. A Utrecht, le premier Maillot Jaune est promis à un gros rouleur, mais pas obligatoirement à Fabian Cancellara ou Tony Martin. Il pourrait aussi revenir à un Néerlandais : Tom Dumoulin et Lars Boom sont sur les rangs.

Symboliquement importantes dans le déroulement de la course, ou peut-être décisives dans l’optique du classement général final, elles présentent les caractéristiques pour un spectacle sportif d’exception. A Utrecht, le premier Maillot Jaune est promis à un gros rouleur, mais pas obligatoirement à Fabian Cancellara ou Tony Martin. Il pourrait aussi revenir à un Néerlandais : Tom Dumoulin et Lars Boom sont sur les rangs.

Le terrain de jeu

Aucune ambiguïté possible : le plus fort aura le Maillot Jaune à la fin de la première journée du Tour. Sur les 13,8 kilomètres d’un parcours totalement plat, la parole sera donnée à la puissance. Le format excède celui d’un prologue, où certains types de sprinteurs ont la possibilité de faire valoir leur explosivité. C’est donc vers les purs rouleurs, capables d’emmener de gros braquets et de tenir leur effort tout en négociant au mieux les quelques trajectoires, qu’il faut tourner son regard. Tout indique que la vitesse du vainqueur se situera au-delà des 50 km/h. Et personne ne sait exactement où les secondes perdues à Utrecht pourront être récupérées.

 Pleins feux pour Tom Dumoulin et Lars Boom

Quand le Tour de France s’expatrie momentanément hors de ses frontières, les cyclistes qui l’accueillent s’investissent avec la détermination la plus absolue de faire briller les couleurs de la nation. Dans cette mission, Mark Cavendish a échoué dans la douleur sur le bitume d’Harrogate l’an dernier ; Philippe Gilbert a raté le coche à Seraing en 2012 ; tout comme Bradley Wiggins sur le prologue de Londres en 2007. Le défi s’annonce donc particulièrement délicat à relever, mais sur le parcours d’Utrecht, les Pays-Bas possèdent deux atouts majeurs capables de briser la malédiction. Depuis la présentation du parcours en octobre, c’est le but que s’est fixé Tom Dumoulin, qui a également identifié les pièges de cette quête : « Ce contre-la-montre devrait très bien me convenir, et c’est l’objectif principal de ma saison. Pour y arriver, tous les détails sont importants, mais je veux éviter que cela devienne une obsession ». Dans les dernières semaines, le rouleur de Giant-Alpecin s’est attaché les services d’un psychologue du sport, et a aussi peaufiné sa préparation de la meilleure des façons, guidon en mains, en s’imposant sur les deux chronos du Tour de Suisse.

 De son côté, Lars Boom s’est déjà acquitté de son rôle d’ambassadeur des Pays-Bas sur le Tour en mettant fin à une disette de victoire d’étape de presque 10 ans, qui plus est au terme de la mémorable étape d’Arenberg l’année dernière. Mais le numéro réalisé sur les pavés pourrait aussi se poursuivre par un coup de force dans les rues d’Utrecht. Encore un peu trop tendre pour prendre pleinement sa place dans des conditions similaires à Rotterdam en 2010, Boom s’est aussi affirmé comme un spécialiste des chronos de courte distance (victoires sur les prologues du Tour of Qatar, du Critérium du Dauphiné, de Paris-Nice, etc.). Contrairement à Dumoulin, Lars Boom se présente sur le Tour 2015 avec l’unique mission de servir les intérêts de son nouveau leader, Vincenzo Nibali. Ce statut d’équipier ne devrait pas le freiner sur le contre-la-montre inaugural…bien qu’il sera certainement mis à contribution dès le lendemain sur les routes de Zélande.

Ils ne seront pas loin

 La vague d’enthousiasme orangée qui déferle sur Utrecht ne détournera certainement pas de leurs priorités les 180 coureurs environ qui viennent en visiteurs en Hollande. Et parmi eux, figurent bien entendu les meilleurs rouleurs du peloton. Fabian Cancellara, déjà vainqueur à cinq reprises d’un chrono inaugural du Tour, tentera de réparer la vexation subie récemment sur le Tour de Suisse (2ème à 2’’ de Dumoulin sur le prologue), tandis que le triple champion du monde de la spécialité Tony Martin tient peut-être l’occasion de mettre pour la première fois de sa carrière la main sur le Maillot Jaune. Aux deux dinosaures de la discipline, viendront s’ajouter les représentants de la nouvelle génération : s’il ne parvient pas à s’imposer à Utrecht, Michal Kwiatkowski en a peut-être les moyens et aura tout intérêt à  se positionner pour l’étape de Huy où il fera partie des favoris. Au rayon des nouveaux venus, Rohan Dennis s’est déjà installé parmi les hommes qui comptent quand l’horloge fait tic-tac, tout comme Adriano Malori par exemple. Enfin, les favoris du classement général ne laisseront filer aucune seconde volontairement à Utrecht. Chris Froome, Tejay van Garderen, Alberto Contador ou Andrew Talanski sont aussi capables de frapper fort d’entrée.

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