24 novembre 2020

Et. 16 : Ruben Plaza le plus malin

©Ronan Houssin

A l'attaque dans le Col de Manse, l'Espagnol Ruben Plaza Molina a offert à son équipe Lampre une victoire de prestige dans cette 16e étape de 201 km entre Bourg-de-Péage et Gap. L'ancien double champion d'Espagne, opportuniste, a ainsi vengé l'abandon de son leader Rui Costa, dernier vainqueur à Gap en 2013.

A l’attaque dans le Col de Manse, l’Espagnol Ruben Plaza Molina a offert à son équipe Lampre une victoire de prestige dans cette 16e étape de 201 km entre Bourg-de-Péage et Gap. L’ancien double champion d’Espagne, opportuniste, a ainsi vengé l’abandon de son leader Rui Costa, dernier vainqueur à Gap en 2013. À 35 ans, ce coureur d’expérience couronne sa carrière d’un des ses plus beaux succès après une victoire d’étape dans le Tour d’Espagne en 2005. Lancé à sa poursuite dans la dernière descente, Peter Sagan a dû se contenter de sa cinquième deuxième place sur ce Tour de France, devant le Colombien Jarlinson Pantano (IAM), qui réussit une belle opération au classement général loin devant un peloton relégué à plus de 18 minutes.

 Sans Greg Van Avermaet

 La course s’est élancée sans Greg Van Avermaet (BMC), le vainqueur de Rodez, rentré en Belgique pour la naissance d’un enfant. Les choses se sont animées très vite puisque dès le départ réel, 29 hommes s’extrayaient du peloton, emmenés par un Peter Sagan survolté. Après 15 kilomètres, l’échappée se scindait en deux groupes de douze coureurs. Le premier comprenait Grivko (Astana), Riblon (AG2R), Sagan (Tinkoff Saxo), De Gendt (Lotto Soudal), Geschke (Giant Alpecin), Haller (Katusha), Jungels (Trek), Oliveira (Lampre), Plaza Molina (Lampre), Navarro (Cofidis), Fedrigo (Bretagne Séché) et Pauwels (MTN). Le second était composé de Erviti (Movistar), Hansen (Lotto Soudal), Golas (Etixx), Trentin (Etixx), Voeckler (Europcar), Didier (Trek), Irizar (Trek), Mate (Cofidis), Pantano (IAM), Perichon (Bretagne Séché), Boasson-Hagen et Teklehaimanot (MTN). La moyenne, boostée par le vent de dos, atteignait 53,6 km/h dans la première heure de course, trop rapide pour Peter Kennaugh, qui renonçait.

 Sagan emmagasine

 Peter Sagan retirait les fruits de son effort en enlevant le sprint intermédiaire de Die sans contestation. Ce cap passé, l’allure se ralentissait, mais le peloton laissait filer et l’écart avec les échappés se creusait (8’50”) à mi-course. Au kilomètre 105, alors que Laurent Didier était distancé, les deux groupes de tête opéraient leur jonction, plaçant 23 hommes à l’avant. Le gros des troupes, déjà tourné vers la journée de repos, ne réagissait pas et laissait ce groupe se disputer la victoire finale. Dans le col de Cabre, au kilomètre 130, Serge Pauwels (MTN) grappillait les cinq points offerts avant que Sagan n’entame une descente musclée. À l’arrière, le vainqueur de Cauterets, Rafal Majka (Tinkoff Saxo), était victime d’une chute et repartait meurtri au genou gauche.

 Plaza s’en va

 À 50 km de l’arrivée, les premiers signes d’énervement se produisaient en tête de course, et dix kilomètres plus loin, l’Australien Adam Hansen se détachait, bientôt rejoint par le champion d’Autriche Marco Haller. Les deux hommes s’entendaient à merveille et attaquaient le col de Manse avec une minute d’avance sur le groupe Sagan. Mais dans la côte, ils ne pouvaient résister au retour de leurs poursuivants. Ruben Plaza sortait opportunément à trois kilomètres du sommet, qu’il atteignait avec une avance confortable d’une minute sur Sagan et les autres. Le maillot vert avait beau lancer une poursuite infernale dans la descente, il échouait pour la cinquième fois à 30 secondes de sa première victoire sur ce Tour.

 Baroud d’honneur de Nibali

A plus de 18 minutes, les cadors se lançaient des défis avant la journée de repos prélude aux Alpes. Et après Alberto Contador, Vincenzo Nibali partait à deux kilomètres du sommet du Col de Manse avant d’accentuer dans la descente son avance sur le groupe Maillot Jaune. Histoire pour le vainqueur de 2014 de se rappeler au bon souvenir de Chris Froome. Dans la descente, poussé malencontreusement par Warren Barguil, Geraint Thomas (SKY) était victime d’une chute spectaculaire, mais conservait sa 6e place au général.

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