23 novembre 2020

Et .19 : Nibali, à l’ancienne

©ASO/B.Bade

Pour les tifosi, le temps des chevauchées victorieuses de Vincenzo Nibali paraissait bien loin depuis le Tour de France 2014. Distancé au général par Chris Froome et Nairo Quintana, le champion d'Italie n'avait montré que quelques aperçus de son arsenal offensif sur les batailles livrées avec les autres favoris de l'épreuve.

Pour les tifosi, le temps des chevauchées victorieuses de Vincenzo Nibali paraissait bien loin depuis le Tour de France 2014. Distancé au général par Chris Froome et Nairo Quintana, le champion d’Italie n’avait montré que quelques aperçus de son arsenal offensif sur les batailles livrées avec les autres favoris de l’épreuve. Sur la route de la Toussuire, le Requin s’est lancé dans un effort de près de 60 kilomètres pour reprendre dans un premier temps Pierre Rolland, dernier survivant de l’échappée qui a rendu les armes sur une attaque de son compagnon de route dans la montée finale, à 16 km du but. Avec sa 5ème victoire d’étape sur le Tour de France, Nibali fait aussi un bond de trois places au classement général en dépassant Gesink, Contador et Thomas pour s’installer en 4ème position. Au sommet du podium, Chris Froome a cédé 30 secondes sur une attaque de Quintana, mais conserve 2’38” d’avance. Romain Bardet s’empare quant à lui du maillot à pois.

 Purito à l’attaque

161 coureurs prennent le départ de Saint-Jean-de-Maurienne, avec une mise en action brutale imposée par l’ascension inédite au col du Chaussy. Après Brice Feillu, Joaquim Rodriguez montre très rapidement son intention de partir à la chasse aux pois. Il est d’abord accompagné au km 2 par Jean-Christophe Péraud, mais les attaquants sont nombreux à se manifester dans l’ascension, ainsi que les acteurs du classement général comme Contador, Valverde et Nibali. Au sommet, « Purito » s’empare des 5 points en jeu pour le premier, mais le groupe de tête est alors en recomposition, sous la pression de l’équipe Sky. 

 Bardet et Uran font la descente

Dans la descente, Romain Bardet surgit et Rigoberto Uran se détachent (km 22), mais cette portion est également mise à profit par Pierre Rolland et Joachim Rodriguez, qui opèrent la jonction au km 32… pour être repris au km 33 ! C’est le moment d’un nouveau remaniement de l’échappée, qui se fixe à 22 coureurs avec Tanel Kangert (Astana), Romain Bardet (AG2R), Roman Kreuziger, Michael Rogers (Tinkoff), José Herrada, Adriano Malori (Movistar), Tony Gallopin, Tim Wellens (Lotto-Soudal), Joaquim Rodriguez, Alberto Losada (Katusha), Rigoberto Uran (Etixx), Pierre Rolland, Cyril Gautier, Romain Sicard (Europcar), Steven Kruijswijk (Lotto-Jumbo), Ruben Plaza (Lampre), Dylan van Baarle (Cannondale-Garmin), Nicolas Edet (Cofidis), Stef Clement, Jarlinson Pantano (IAM), Stephen Cummings et Daniel Teklehaimanot (MTN-Qhubeka).

 Rolland la joue solo

L’échappée obtient un écart maximal de 2’50” au km 48, puis la formation Lotto-Jumbo se charge de réduire l’écart pour défendre la 6ème position au général de Robert Gesink. Dès lors, les attaquants du jour abordent la montée au col de la Croix-de-Fer avec une avance résiduelle de 1’30”. A 67 km de l’arrivée, et 12 km du col de la Croix-de-Fer, Pierre Rolland accélère et s’isole avec efficacité. Il bascule en tête, mais se retrouve sous la menace de Vincenzo Nibali, sorti du groupe Maillot Jaune à 4 km du col, précisément au moment où Froome était ralenti par un problème mécanique. Le champion d’Italie plonge dans la descente avec 1’05” de retard sur Rolland, mais ne gagne que 10 secondes avant de s’attaquer au col du Mollard.

 Nibali dépose Rolland

Le leader d’Europcar s’accroche à son avantage dans l’ascension, mais n’a plus que 8” de marge en basculant. Dès le début de la descente, il est donc rejoint par Nibali : le duo fonctionne jusqu’à Saint-Jean-de-Maurienne, et attaque l’ascension finale avec 2 minutes d’avance. Mais à 16 kilomètres de l’arrivée, le tenant du titre dépose son éphémère compagnon de route, et s’élève vers la Toussuire en contrôlant son avance sur le groupe Maillot Jaune : 2’20” à 10 km de l’arrivée. Un élément est susceptible de changer la donne, puisqu’à 6 km de la ligne, Nairo Quintana place son attaque la plus percutante depuis le début du Tour, et fait exploser le groupe des favoris. En même temps qu’il grignote du temps sur le Maillot Jaune, le Colombien se rapproche de Nibali, qui parvient toute même à conserver 44” d’avance sur la ligne. Pendant ce temps, Froome lâche 30 secondes, mais garde une marge de 2’38” sur son premier poursuivant au général. Dans son sillage, Romain Bardet poursuit sa récolte de points et s’empare du maillot à pois grâce à sa 5ème place.

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